Silence!
on vole...
Par une convention signée en 1995, les pilotes de l'Aéro-club se sont engagés à éliminer les nuisances sonores pour les riverains de l'aérodrome de Meythet. Les progrès les plus récents sont signés d'une entreprise locale avec un système de récupération des gaz d'échappement. A Gillon, leçons apprises en F1...
A 200'000€: pièce, on ne renouvelle pas aisément la flotte. Les sept avions de l'aéro-club de Meythet (cinq Robin, un Piper et un Jodel) ont donc des heures de vol. Depuis des années, ils sont la cible d'une association de riverains de l'aérodrome où décollent et se posent les petits coucous de l'association de pilotes amateurs, dont le plus puissant fait 180 cv. Une structure plutôt solide et bien organisée présidée depuis 1999 par Michel Ayoub. 180 adhérents et une organisation professionnelle avec secrétaire, météo et deux instructeurs salariés à plein temps. Sans oublier le renfort de deux apprentis se partageant entre l'atelier dirigé par Fred et l'antenne mécanique d'aviation de la maison familiale de Cruseilles, aux portes de l'aérodrome de Meythet.
Une organisation qui se veut également responsable et soucieuse
de sécurité et d'environnement. C'est dans ce sens que les
responsables de l'Aéro-club ont signé en 1995 une convention
avec les communes du bassin annecien pour qu'une charte impose un certain
nombre de consignes. Principal accusé : le bruit. Tant au district
qu'à la préfecture, engagement est pris de lutter fermement
contre une nuisance exacerbant bien des passions. L'arrêt de la
pratique de la voltige aérienne au-dessus de Meythet a été
une première mesure d'apaisement. Même si le temps de vol
moyen n'excède pas quelques heures par an et par adhérent
(3 000 au total, dont la moitié en vol d'instruction), chaque approche
ou décollage a sa part de nuisance sonore.
A chaque cylindre sa sortie : puissance gagnée
Les constructeurs ont affiné au fur et à mesure les systèmes de récupération de l'échappement des quatre cylindres vrombissant. Mais quid des avions ayant vingt ans d'âge ? Robin, le premier fabricant français de petits avions de tourisme, équipe peu à peu ses modèles de silencieux de plus en plus performants et propose également une adaptation de ceux-ci sur la gamme d'occasion. Mais cela à un prix. Un prix qui, s'il n'a pas fait reculer l'Aéro-club annecien, a poussé ses dirigeants à s'engager dans un processus innovant avec une PME locale : les Ateliers Chabord à Gillon. Une petite équipe de dix salariés très pointue dans le domaine grâce à sa longue expérience dans la compétition automobile : Formule 1 (Jordan et BAR Honda cette année), rallye (Citroën) sont en effet des partenaires exigeants de toutes les expérimentations en matière de contrôle de la puissance des moteurs. Une puissance que les découvertes des ingénieurs de chez Chabord maîtrisent au mieux grâce à une ingénieuse installation entre les sorties de gaz et leur évacuation par silencieux. C'est assez technique, un tableau noir ne suffirait pas pour démontrer la chose...
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Déjà engagés dans la modernisation aéronautique (5 à 600 appareils sont équipés, dont 34 avions militaires français), Chabord père et fils viennent de terminer l'adaptation de silencieux sur le Robin "Régent" de l'Aéro-club de Meythet. "4000€ plus cher que le module proposé par le constructeur dijonnais, mais on a la chance de pouvoir travailler en direct avec l'entreprise et sa technologie n'impose pas de modification de la carlingue." Michel Ayoub et les pilotes amateurs anneciens marquent ainsi leur volonté de respecter leurs engagements. "Et en plus, les performances sont meilleures", insiste le président. Alain (Chabord junior) confirme : "On gagne 5 % de puissance et par une meilleure distribution de l'échappement, on veut optimiser les contraintes du silencieux". |
Voilà comment la démarche environnementale entamée
dès 1989 à l'altiport de Megève (quatre ans d'efforts
avant d'aboutir) se poursuit dans la plaine de Meythet et que l'activité
je la PME de Gillon s'est intensifiée dans l'aéronautique
(30 % du chiffre d'affaires). Responsable technique des ateliers, Alain
Chabord ne parle qu'à demi-mots d'un projet commun avec le constructeur
Robin. Il faut lire qu'il s'agit de rendre moins bruyant un appareil approprié
à la voltige aérienne, et ça, partout en France,
c'est un sujet très, très, sensible... à l'oreille
des riverains des aérodromes, alors chut!
Alain Besse - Le Dauphiné - octobre 2003
