La Corse

Découvrir la Corse du ciel : un voyage exaltant et contrasté vers le soleil où se révèlent lacs, montagnes, survol maritime et bien des surprises. Le rêve d’Icare n’indiffère personne : il envoûte…

Escapade en Corse

Tout est prêt dès l’aube, jusqu’à la météo du jour, appareil photo et quelques bouteilles d’eau pour cette chaude journée de juillet. Décollage d’Annecy, quatre personnes à bord, le DR400 prend cap vers le sud, s’élevant sur le lac encore dans l’ombre, puis longe le Roc des Bœufs.


Le plus court chemin pour la corse...

Les montagnes et la campagne environnantes commencent à s’éclairer, les Alpes découpent leurs cimes dans les rayons cuivrés du soleil levant. Personne sur la fréquence. Nous activerons le plan de vol avec Genève.
Déjà les aiguilles d’Arves émergent de la multitude de sommets se dessinant à perte de vue.

La vue est grandiose : le pic de l’Etendard, la Meige, le Galibier, les névés qui se réduisent en cette canicule et persistent sur les glaciers… Briançon, Mont Dauphin, Barcelonnette, le lac de Serre-Ponçon : autant de clichés pris en souvenir… Au loin, la Grande Bleue invite à la traversée. La côte méditerranéenne se dessine dans les reflets dorés du matin. Pas d’avions dans le secteur, sauf des canadairs qui s’annoncent dans leur inlassable noria contre le feu…

Où est la Corse ? Elle se fond dans le bleu et la brume maritime, donnant l’étrange perspective de ses chaînes montagneuses toutes proches, comme suspendues au-dessus de la mer …Après « Merlu », point imaginaire de report obligatoire, c’est la descente sur Calvi… la baie, d’abord estompée, offre son rivage ensoleillé sur fond de mer turquoise, quelques sillages de bateaux… déjà un air de vacances !

Le trafic, encore fluide à cette heure, ne va pas tarder à s’intensifier. Atterrissage direct sur autorisation de la Tour et nous sommes sur l’île. Le vol n’aura duré que deux heures et quart !


arrivée à Calvi

Nous longeons à présent la côte à basse altitude, fascinés par ces paysages rocheux et sauvages plongeant dans la mer de cristal. En retrait de la Punta Palazzu, le passage d’un petit col nous plonge soudainement dans la splendeur du golfe de Porto. Encore quelques pointes acérées et voici le golfe de Sagone, longé d’une route escarpée et sinueuse qui souligne le relief accidenté de la côte.

Là, il faut prendre le large et contourner l’espace aérien d’Ajaccio, les feux de forêt s’intensifiant depuis la veille : priorité aux secours. Dommage pour les îles Sanguinaires… mais ce sera une bonne raison de revenir !

Atterrissage à Propriano face à la mer pour une pause déjeuner, découverte de la charcuterie locale et autres spécialités, la plage de sable blanc, la mer transparente, les rochers façonnés par les embruns… un petit détour agréable

 
Arrgh! qu'est ce que c'est beau, et dire qu'il y a trois heures on étaient a Annecy...

Pas de temps pour la sieste : le clou du spectacle nous attend avec la Haute-Ville de Bonifacio perchée sur sa falaise calcaire plongeant dans le bleu profond et abritant le port. On comprend que cette forteresse naturelle fut jadis réputée imprenable. Une pure merveille où l’architecture et le site s’allient en harmonie !

Décidément, l’Ile de Beauté a bien trouvé son nom !

On en oublierait presque d’admirer la côte sarde, à quelques kilomètres au sud. Retour à Figari pour escale technique, météo et plan de vol, avant de découvrir le golfe de Porto-Vecchio et route vers le nord.

La côte orientale devient plus régulière, moins aride. Nous passerons à distance de l’aérodrome militaire de Solenzara interdit de survol, et dernière halte à Bastia avant la grande traversée…

Encore quelques reliefs, le col de Teghime, et c’est l’immensité bleue devant nous. Le Cap Corse se dessine au nord à perte de vue au fur et à mesure de la montée. L’horizon s’estompe un moment, le temps de sortir de la couche de brume et, au loin, le Continent (on se sent vite insulaire !).

Bonifacio..

Saint-Tropez droit devant ! La péninsule et le golfe se distinguent de très loin. Le paysage méditerranéen est sec avec ça et là des zones hélas dévastées par les incendies de forêt. Le lac de Ste Croix, seul plan d’eau de la région, confirme notre route vers Digne tandis que les reliefs des Alpes commencent à « monter ». Nous éviterons l’aérodrome de Gap par l’est (exercices de parachutage à l’ouest).

Regard sur l’Alpe d’Huez et son altiport. On devine déjà la vallée du Grésivaudan, le massif des Bauges… et c’est la descente vers Chambéry où le lac du Bourget apporte enfin un peu de fraîcheur.

Nous serons chez nous dans quelques minutes et cette belle soirée d’été s’agrémentera d’un grand défilé d’images et d’une pointe de nostalgie…

« On en a pris plein les yeux ! »
« C’est tellement beau … On ne trouve pas de mots pour le dire ! »
« Je ne sais pas si j’ai rêvé… ! »

Ces aveux spontanés reviennent régulièrement à l’issue d’un tel voyage.

« Il faudra revenir ! »

Serez-vous alors des nôtres ?